J’ai peur d’être seul, j’en ai perdu l’équilibre sur un terrain fragile. Je suis passé d’un extrême à l’autre, voir si ce qui goûtait le mieux, j’en suis arrivé à ne pas savoir, à figer sur place, à n’être que transparent, le plus possible, que l’on voit à travers moi, comme l’eau, avec ce goût insipide. On sait que le goût, c’est une chose qui se discute, d’autres sont plus catégoriques, mais d’une bouche à l’autre rien a le même goût. Je me souviens encore de la tienne… D’un extrême je suis passé, à butiner toutes les fleurs, de l’autre, rester terrer dans ma torpeur. Je me suis donné le rôle de l’ermite qui dans le noir se raconte des histoires, c’est toujours comme ça quand je ferme les yeux, mais quand je les ouvre, je suis toujours là, à vouloir exploser mon air stoïque à vouloir vivre simplement parce que c’est mieux. Mieux que qui? Mieux que tout ça qui ne bouge pas, qui ne bouge plus depuis les années où je m’enflammais d’un sourire, où je me réfugiais en larme consoler par un oreiller pour enfin me retrouver dans les bras d’une autre, chaque fois, relation plus malsaine et aucunement en contrôle de mes sentiments. Quand on les contrôle les sentiments, ils se poussent, ils ne restent pas là, à attendre un ordre, ils vont voir ailleurs si je n’y suis pas. Je suis conscient du danger, je n’ai plus envie d’avoir peur, de la vie, la vraie, celle qui caresse ma joue d’une main pour me poignarder le coeur de l’autre. Un moment, tout petit, encore un instant, juste une minute, embrasse-moi avant de fuir encore une fois, chaque fois pour recommencer ce même manège qui est parti d’un seul et unique point… j’ai peur d’être seul.
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